Isiro : profanation et occupation du cimetière de Pwame, morts et vivants se disputent la terre

La situation autour du cimetière de Pwame, situé dans la commune de Mendambo à Isiro, continue de susciter l’inquiétude et l’indignation. La profanation présumée de certaines sépultures ainsi que l’occupation du périmètre réservé au cimetière alimentent une vive controverse entre les familles des défunts, les occupants du site et les autorités.
Face à la persistance de cette situation, Georges Madema, coordonnateur provincial de la Société civile du Congo (SOCICO), annonce une initiative prévue ce samedi 5 septembre 2026. Selon lui, cette journée permettra aux familles concernées de récupérer les restes de leurs proches inhumés sur le site.
L’annonce a été faite dans la soirée du lundi 31 août 2026, lors d’une émission de table ronde diffusée sur les antennes de la Radio Communautaire Orientale, station NAVA d’Isiro.
Georges Madema dénonce notamment le non-respect des mesures prises par les autorités pour empêcher la vente des parcelles et l’érection de constructions dans l’espace réservé au cimetière.
« Nous représentons les victimes dont les proches voient leurs tombes profanées par des personnes non autrement identifiées », a-t-il déclaré.
Le coordonnateur provincial de la SOCICO affirme également que plusieurs démarches auraient été entreprises auprès des autorités compétentes afin de trouver une solution à cette situation. Il regrette toutefois que les mesures d’interdiction n’aient pas permis, jusqu’à présent, de mettre fin à l’occupation du site.
« Nous déplorons le fait que les décisions prises par le gouvernement provincial ainsi que par le chef de la chefferie Mayogo Mabozo, ordonnant la suspension des ventes et des travaux, n’aient pas été respectées. Presque toute la superficie du cimetière a été vendue », a-t-il affirmé.
Dans ce contexte, la société civile envisage désormais une action impliquant directement les familles concernées.
« Après de multiples échanges avec les autorités, et en tant que représentants des victimes, nous décrétons la journée du samedi 5 septembre comme une journée spéciale. Nous allons nous rendre sur les lieux pour récupérer les restes de nos parents afin de les ramener à la maison, puisque nous constatons que les décisions prises ne sont pas respectées », a déclaré Georges Madema.
Cette annonce intervient alors que le dossier du cimetière de Pwame fait déjà l’objet de plusieurs interventions des autorités provinciales.
Le 22 avril 2026, une délégation du gouvernement provincial, conduite par le ministre de l’Aménagement du territoire, Jean-Louis Paypay Gundo, accompagnée de plusieurs services spécialisés, s’était rendue sur le site afin de sensibiliser la population au respect des dispositions légales relatives à la désaffectation des cimetières.
Cette descente avait été suivie de communications publiques appelant à la suspension des constructions considérées comme illégales dans le périmètre du cimetière.
Malgré ces différentes démarches, la situation demeure préoccupante. La perspective d’une récupération collective des restes des défunts annoncée pour le 5 septembre risque ainsi de raviver le débat sur la gestion, la protection et la désaffectation des espaces funéraires à Isiro.
Les familles concernées attendent désormais des autorités une clarification et une solution durable afin de préserver la dignité des personnes inhumées et d’éviter une escalade des tensions autour du site.
César Dedebha Fils
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