Watsa : le projet de réinstallation de Giro Gold Mines au cœur d’une controverse foncière à Kongbe

Dans le territoire de Watsa, province du Haut-Uélé, des tensions sont signalées autour d’une opération de morcellement foncier menée dans le village Kongbe, situé dans le groupement Bugutali, dans le cadre du projet de réinstallation des populations affectées par les activités de Giro Gold Mines.
Selon les informations recueillies, une délégation du service territorial de l’Urbanisme et Habitat de Watsa, conduite par Jean-Marie Dhelo, accompagnée de deux techniciens, s’est rendue à Kongbe le 26 septembre 2026.
La mission suscite toutefois des interrogations au niveau local. Selon le chef du village Kongbe, Badi Kasuka Sylvain, l’ordre de service présenté par la délégation mentionnerait les villages de Drikoma et Ngangazo, alors que Kongbe se trouve dans le groupement Bugutali.
Le chef du village affirme également que l’opération aurait été effectuée sans consultation préalable des autorités coutumières locales, des notables et des ayants droit concernés.
Un accord de 175 hectares évoqué
Cette situation intervient alors qu’un accord aurait été conclu entre les notables de Kongbe et Giro Gold Mines, sous le parrainage du chef de la chefferie Mari-Minza, pour la mise à disposition d’une superficie de 175 hectares destinée à la réinstallation des personnes affectées par le projet minier.
Selon les informations rapportées par les représentants locaux, cet accord devait encadrer l’utilisation des terres concernées.
Mais lors de leur passage à Kongbe, les agents de l’Urbanisme et Habitat auraient procédé à une opération de morcellement d’une bande de terre estimée à environ 80 mètres de largeur sur plusieurs centaines de mètres de longueur.
Les responsables locaux avancent notamment que 20 mètres seraient destinés à Giro Gold Mines dans le cadre de l’élargissement de l’espace prévu pour la réinstallation, tandis qu’une autre portion d’environ 50 mètres serait susceptible d’être affectée à des intérêts privés.
Ces affirmations restent à être clarifiées par les autorités et les autres parties concernées.
Badi Kasuka Sylvain, chef du village Kongbe, se dit lésé par cette opération. Il conteste notamment la procédure suivie et demande que toute intervention foncière concernant son village soit menée dans le respect des droits des communautés locales et des procédures administratives en vigueur.
Le chef du village souhaite également obtenir des explications sur les raisons pour lesquelles une délégation munie d’un ordre de mission faisant référence à Drikoma et Ngangazo s’est retrouvée à Kongbe.
Par ailleurs, la présence, au sein de la délégation, d’une personne présentée localement comme étant proche du gouverneur provincial, identifiée sous le nom de Maître Lombe, soulève également des interrogations. Son nom ne figurerait pas, selon les informations disponibles, sur l’ordre de mission présenté lors de l’opération.
Les autorités concernées sont ainsi appelées à clarifier la nature et le mandat exact de cette présence.
Des responsabilités contestées
Dans cette affaire, les regards se tournent notamment vers l’administrateur du territoire de Watsa, Magay Missa Dieudonné, le chef du groupement Bugutali, Gédéon Wofi Ndolanga, ainsi que le service territorial de l’Urbanisme et Habitat.
Des accusations de concertation irrégulière et de non-respect des droits fonciers des communautés sont formulées à leur encontre par des acteurs locaux. À ce stade, ces accusations ne constituent pas des faits judiciairement établis et les intéressés devraient pouvoir faire valoir leur version des faits.
La question centrale reste donc de déterminer sur quelle base légale et administrative l’opération de morcellement a été effectuée à Kongbe, quelle était la superficie réellement concernée et à qui les différentes portions de terrain sont destinées.
Face à la controverse, les autorités compétentes sont invitées à faire la lumière sur cette opération et à publier, le cas échéant, les documents administratifs et fonciers qui la fondent.
Le village Kongbe, pour sa part, maintient sa contestation et demande que les droits des communautés locales et des ayants droit soient pris en compte dans tout processus lié à la réinstallation des populations affectées par le projet de Giro Gold Mines.
Rédaction
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