Nord-Kivu : crise humanitaire aiguë à Bambo, plus de 50 000 déplacés en détresse

La cité de Bambo, située dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, est aujourd’hui le théâtre d’une crise humanitaire d’une gravité préoccupante. Alors que les affrontements armés se poursuivent dans cette région de l’est de la République démocratique du Congo, des milliers de déplacés affluent, aggravant une situation déjà critique.
Selon l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF), présente à Bambo depuis 2017, près de 50 000 personnes déplacées y sont actuellement installées, dont une majorité d’enfants. Cette affluence massive a presque doublé la population locale, entraînant une surcharge des infrastructures collectives telles que les écoles et les églises, aujourd’hui transformées en abris de fortune.
« Les abris sont surpeuplés, l’accès à la nourriture se détériore de jour en jour, et les services de santé, déjà saturés, peinent à répondre à la demande », alerte François Calas, chef de programme MSF au Nord-Kivu.
Dans ce contexte d’insécurité persistante, l’organisation humanitaire souligne que les besoins ne cessent de croître. Les urgences les plus pressantes concernent notamment le manque d’eau potable, la faim, l’accès limité à l’assainissement, ainsi que des besoins essentiels tels que l’hygiène, les soins de santé et l’hébergement.
MSF indique avoir renforcé sa présence dans la zone. Chaque semaine, ses équipes dispensent des soins médicaux à environ 3 700 personnes, soit une hausse de 40 % par rapport aux mois précédents. Malgré ces efforts, l’organisation prévient que ses capacités restent limitées face à l’ampleur de la crise.
« Des interventions urgentes sont nécessaires, non seulement dans le secteur médical, mais aussi dans des domaines essentiels comme l’eau, l’assainissement, la distribution alimentaire et l’hébergement. Sans une réponse globale, le risque d’épidémies continuera de croître », insiste François Calas.
Alors que les combats persistent et que de nouveaux déplacés arrivent chaque jour, l’appel à l’aide est plus pressant que jamais. MSF appelle les autorités congolaises, les partenaires humanitaires et la communauté internationale à agir sans délai, de manière coordonnée, afin d’éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur.
Clément Softly
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