Crise à l’Est : l’aéroport de Goma va rouvrir partiellement d’ici la fin de l’année pour faciliter l’aide humanitaire

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a annoncé que le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a décidé de la réouverture partielle de l’aéroport de Goma d’ici la fin de l’année 2025. Une réouverture limitée, qui concernera exclusivement les vols humanitaires, alors que l’infrastructure reste sous le contrôle de la rébellion AFC/M23 depuis près d’un an.
Cette annonce est intervenue lors du compte-rendu du Conseil des ministres du vendredi 14 novembre 2025. Patrick Muyaya a précisé que cette mesure répond à l’urgence humanitaire que connaît le Nord-Kivu, enclavé et durement touché par les affrontements entre les FARDC et les rebelles.
Paris pousse, Kigali freine
La question de la réouverture de l’aéroport de Goma figurait également au menu de la Conférence internationale sur les Grands Lacs organisée à Paris. Le président français Emmanuel Macron y a plaidé pour un accès humanitaire sécurisé, proposant que les vols ne soient autorisés qu’en journée pour des raisons de sécurité.
Mais cette suggestion a immédiatement suscité des réserves. Du côté du Rwanda, le gouvernement a rejeté toute réouverture qui ne serait pas validée par l’AFC/M23, groupe armé qui contrôle la zone depuis janvier 2025. Même réaction dans les rangs de la rébellion : l’équipe de Corneille Nangaa a rappelé que les engagements pris à Paris « n’engagent pas l’AFC/M23 », réaffirmant son autorité de fait sur le territoire.
Un aéroport stratégique sous contrôle depuis janvier 2025
L’aéroport international de Goma est tombé sous contrôle rebelle en janvier 2025, après la prise de la ville à l’issue d’intenses combats. Depuis, les opérations militaires, les déplacements de population et l’acheminement de l’aide humanitaire sont lourdement affectés.
Pour Kinshasa, la réouverture partielle de l’aéroport constitue une étape stratégique : assurer un corridor humanitaire indispensable, tout en évitant toute reconnaissance politique implicite du contrôle rebelle.
Une décision attendue, mais une application encore incertaine
Si l’annonce du président Tshisekedi fixe un cap, sa mise en œuvre dépendra encore des négociations en cours dans le cadre du processus de paix et du rapport de forces sur le terrain. Entre les positions divergentes de Paris, Kigali, Kinshasa et l’AFC/M23, le dossier reste extrêmement sensible.
En attendant, les populations du Nord-Kivu, durement frappées par la crise humanitaire, espèrent des mesures concrètes pour alléger un quotidien marqué par les pénuries, les déplacements massifs et l’insécurité permanente.
Jetaime munganga✍️
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