Watsa : la société civile forces vives dénonce les tracasseries attribuées aux agents de l’ANR à Moku et réclame leur remplacement

La Sous-coordination de la Société Civile Forces Vives de la chefferie Mari-Minza, en territoire de Watsa dans la province du Haut-Uele, tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face aux « tracasseries » qu’elle attribue aux agents de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) antenne de Moku chef-lieu de la dite entite. Dans une correspondance datée du 15 novembre 2025 et adressée à l’Administrateur du territoire de Watsa , dont une copie est parvenue à la rédaction de Victoireinfo.net , cette structure citoyenne dénonce des pratiques jugées abusives et contraires aux textes régissant ce service de l’État.
Selon ce document, la Société civile rappelle qu’elle avait déjà saisi les autorités le 10 juin 2025 au sujet du comportement du Chef d’antenne de l’ANR/Moku, identifié comme l’agent Jules Gilbert Kaumbu, ainsi que de Mohamed Kalonda, présenté comme l’un de ses collaborateurs.
Malgré cette alerte initiale, « aucune réponse positive n’a été enregistrée jusqu’à ce jour », regrette-t-elle. La Sous-coordination estime que la situation « va de mal en pire », pointant du doigt un Chef d’antenne qui, selon elle, « ne maîtrise pas la description du poste ni les limites légales du service de l’ANR ».
Les opérateurs économiques dénoncent des “taxes” illégales
La lettre consultée par Victoireinfo.net évoque notamment des perceptions financières jugées illicites, imposées aux opérateurs économiques, en particulier dans le secteur hôtelier.
Chaque hôtel aurait été sommé de payer 5 000 FC par semaine, un montant récemment porté à 10 000 FC ;
soit 480 000 FC par an, l’équivalent d’environ 218 dollars américains.
Selon la Société civile, aucun justificatif officiel ne serait délivré après ces paiements. Les récalcitrants verraient leurs registres saisis « et amenés au bureau pour paiement forcé ».
« L’ANR, dont la mission est de protéger la sûreté nationale, se transforme petit à petit en un service générateur de recettes », dénonce la correspondance.
Le document fustige également des contrôles de produits avariés ou expirés dans les boutiques et pharmacies, effectués par l’antenne locale de l’ANR. Une mission qui, selon la Société civile, relève normalement des services de l’Économie ou de l’Environnement.
Pour la structure citoyenne, il s’agit d’un dépassement de pouvoir alimentant de nouvelles tracasseries dans le chef de la population locale.
La Société civile exige des sanctions et le remplacement des agents concernés
Face à ces accusations, la Sous-coordination de la Société Civile Forces Vives demande à l’Administrateur du territoire d’intervenir auprès de la hiérarchie de l’ANR afin d’obtenir :
le remplacement de Jules Gilbert Kaumbu, présenté comme « instigateur principal » ;
le remplacement de Mohamed Kalonda, chargé des opérations sur le terrain.
Elle rappelle que la République démocratique du Congo est un État de droit, où chaque service public doit fonctionner dans le strict respect des textes.
La Société civile assure que les opérateurs économiques souhaitent exercer leurs activités « dans la quiétude et le respect des lois », et non subir « des tracasseries quotidiennes d’agents cherchant à se faire de l’argent sur le dos de la population ».
Malgré nos multiples démarches pour entrer en contact avec les agents de l’ANR/Moku cités dans cette correspondance, toutes nos tentatives sont restées vaines. Les personnes incriminées n’ont, jusqu’à présent, pas répondu à nos sollicitations pour donner leur version des faits.
Victoireinfo.net reste disposé à publier leurs explications dès qu’elles seront fournies.
César Dedebha Fils
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