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Haut-Uele : droits des communautés et conservation au cœur d’un bras de fer entre la chefferie de Mondo-Missa et le Parc national de la Garamba

img-20251228-wa01578507626989369883427 Haut-Uele : droits des communautés et conservation au cœur d’un bras de fer entre la chefferie de Mondo-Missa et le Parc national de la Garamba



Un conflit ancien oppose la chefferie de Mondo-Missa au Parc national de la Garamba, mettant en lumière les difficultés de conciliation entre conservation de la nature et droits des populations locales.

Créé en 1938, le Parc national de la Garamba couvre des centaines de milliers d’hectares et est entouré de domaines de chasse, dont celui de Mondo-Missa. Historiquement, les populations de cette chefferie vivaient sur ces terres et pratiquaient la chasse, la pêche et l’agriculture. La création du parc et des zones tampons a limité ces activités traditionnelles, entraînant un ressentiment durable.

Les principales sources de tension résident dans l’absence d’accord clair sur les droits d’accès aux ressources et le partage des bénéfices, les restrictions économiques imposées par le parc, notamment l’interdiction d’exploitation du bois et de l’or et l’accès très limité aux terres agricoles , ainsi que le manque de retombées sociales pour la communauté, malgré près d’un siècle d’existence du parc.

Une récente réunion entre les responsables du parc et les notables de Mondo-Missa a échoué, les attentes locales n’ayant pas été intégrées à l’ordre du jour. À ce jour, aucun accord pleinement accepté par toutes les parties n’a été signé, et la confiance reste fragile.

Chronologie du conflit

1938 : Création du parc sans consultation des communautés locales.

1974 : Mise en place des domaines de chasse, dont Mondo-Missa.

2019 : Signature d’un protocole d’accord fragile sur la conservation et le développement durable.

2025 : Escalade des tensions, refus de dialogue et revendications claires des leaders locaux.
Le conflit illustre la nécessité de concilier protection de la biodiversité et développement des communautés locales.

Les populations de Mondo-Missa plaident pour un dialogue sincère et la mise en place d’un accord clair définissant droits, restrictions et retombées économiques et sociales. Les ateliers de gouvernance participative, bien que menés par le parc, restent insuffisants si leurs résultats ne profitent pas directement à la communauté.

Si la chefferie de Mondo-Missa dénonce des restrictions et réclame davantage de droits et de retombées sociales, le Parc national de la Garamba rappelle que sa mission première est la protection d’un patrimoine naturel unique, fragile et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les autorités du parc soulignent également les efforts entrepris pour impliquer les communautés locales dans certains projets de développement durable, même si ceux-ci restent jugés insuffisants par les habitants. L’issue du conflit dépendra donc de la capacité des deux parties à trouver un compromis qui concilie conservation et bien-être des populations riveraines.

César Dedebha Fils

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