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Haut-Uele / Watsa : tensions autour de la gestion du secteur Mangbutu, la communauté s’adresse au gouverneur de province et exige le départ du chef Augustin Amuta Maramudhi (Déclaration)

img-20251112-wa00811482041315122787483-1024x645 Haut-Uele / Watsa : tensions autour de la gestion du secteur Mangbutu, la communauté s’adresse au gouverneur de province et exige le départ du chef Augustin Amuta Maramudhi (Déclaration)

Une vive tension règne depuis plusieurs jours dans le secteur Mangbutu, territoire de Watsa, après une agression et une altercation survenues le 6 novembre, qui auraient opposé deux groupes de notables et des membres de la communauté locale à Dubele, chef-lieu du secteur.

Dans une correspondance adressée au gouverneur de la province du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, lue devant la presse ce 12 novembre de l’année en cours et transmise à plusieurs autorités nationales et provinciales, la communauté Mangbutu, à travers l’association AMUSANI, dénonce une « agression organisée » qu’elle attribue au chef de secteur Augustin Amuta Maramudhi.

Selon le document signé par David Aioku, représentant de l’association AMUSANI, un groupe d’agresseurs composé de quatre hommes, envoyés par Augustin Amuta Maramudhi, aurait attaqué la localité de Dubele le jour où la communauté se réunissait pour une restitution de mission des notables revenus d’Isiro.

Des témoins affirment que ce groupe d’individus, venus de Watsa, à environ 26 kilomètres de Dubele, aurait torturé le chef de localité et plusieurs sages du village, provoquant des blessés et d’importants dégâts matériels.

Parmi les personnes citées comme complices de cette agression figurent plusieurs individus connus dans le secteur Mangbutu, notamment : Bayo Richard, Opi Likongo, Rozalin Dopas, Tubi Dopas, Pitchou Mumbuya, Didier Angalo, Nnaki, entre autres. Ces derniers auraient, selon les plaignants, participé à la barricade des routes et à l’agression du ministre provincial Afounde Afonganda Sumbu, présent sur les lieux.

Une habitante, Mademoiselle Malangani, aurait été grièvement blessée à la tête par un jet de pierre et transférée d’urgence à l’hôpital local.

Une crise de gouvernance coutumière

Pour la communauté Mangbutu, cette attaque traduit un malaise profond lié à la mauvaise gestion du secteur. Dans leur correspondance, les représentants communautaires accusent le chef de secteur Augustin Amuta Maramudhi d’« incompétence notoire » et de « gestion privatisée » des affaires publiques.

Ils estiment que la stabilité coutumière et sociale du secteur est aujourd’hui menacée et affirment que la population « en a assez » des abus et des violences subies.

« Le secteur Mangbutu, autrefois reconnu pour sa stabilité coutumière et son respect des autorités traditionnelles, traverse aujourd’hui une période de turbulences sans précédent », a déclaré Michel Awikomu, porte-parole circonstanciel de la communauté autochtone du secteur Mangbutu.

Les revendications de la communauté

Dans un ton ferme, la communauté Mangbutu formule plusieurs recommandations adressées au gouverneur Jean Bakomito Gambu :

1. Le départ immédiat et sans condition de M. Augustin Amuta Maramudhi de la tête du secteur Mangbutu ;

2. L’implication personnelle du gouverneur dans ce dossier afin de préserver la cohésion sociale et d’éviter une escalade de tensions ;

3. La mise en place d’une commission d’enquête indépendante et urgente pour faire la lumière sur les événements de Dubele ;

4. Le gel du compte de la redevance minière du secteur Mangbutu jusqu’à nouvel ordre ;

5. L’ouverture d’une action judiciaire contre les auteurs présumés de cette agression.

Les signataires concluent leur message en réaffirmant leur attachement à la paix et au respect des autorités, tout en insistant sur la nécessité d’une intervention rapide du gouvernement provincial pour restaurer la confiance entre la population et les institutions locales.

« Nous avons versé notre sang pour revendiquer nos droits dans notre entité ancestrale. Trop, c’est trop », a-t-il ajouté.

Cependant, plusieurs acteurs de la société civile du territoire de Watsa appellent à une médiation urgente afin d’éviter une nouvelle flambée de violences dans cette partie du Haut-Uele.

César Dedebha Fils

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