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Watsa : succession coutumière à Bogutali, la tradition Manvu face aux controverses administratives

img-20251219-wa01087782498850834999054 Watsa : succession coutumière à Bogutali, la tradition Manvu face aux controverses administratives

La controverse autour de la succession coutumière au sein du groupement Bogutali continue de susciter des réactions divergentes au sein de l’opinion locale. Toutefois, au-delà des attaques personnelles et des accusations dirigées contre le sénateur Jean-Pierre Batumoko, une question fondamentale demeure : jusqu’à quand la tradition Manvu sera-t-elle reléguée au second plan au profit de décisions administratives contestées ?

Pour de nombreux notables et observateurs locaux, la campagne de dénigrement visant le sénateur Batumoko ne saurait occulter la réalité coutumière qui régit historiquement le groupement Bogutali. Selon eux, la chefferie ou le groupement, dans la tradition congolaise, repose avant tout sur la lignée, l’appartenance clanique et la décision de la famille régnante, et non sur des considérations politiciennes.

Plusieurs sources communautaires affirment que César Mbiliki III est issu de la lignée Manvu, reconnue comme détentrice légitime du pouvoir coutumier à Bogutali. Sa désignation s’inscrirait ainsi dans le strict respect des usages traditionnels, transmis de génération en génération au sein de cette entité.

A l’inverse, la reconnaissance administrative d’Issabu Senze Médard, présenté par certains comme régent, est perçue par une frange de la communauté comme une décision ne reflétant pas fidèlement la volonté coutumière de la famille régnante. Cette situation continue d’alimenter un malaise latent, malgré une accalmie apparente observée sur le terrain.

Dans ce contexte, le sénateur Jean-Pierre Batumoko est accusé, par certains, de vouloir déstabiliser le territoire de Watsa. Une accusation rejetée par ses soutiens, qui y voient plutôt une tentative de diversion destinée à déplacer le débat du fond vers des attaques personnelles.

Pour ces derniers, interroger le gouvernement sur une question touchant à la stabilité des entités coutumières relève des prérogatives constitutionnelles d’un sénateur. Défendre le respect de la tradition ne saurait, selon eux, être assimilé à une entreprise de trouble à l’ordre public.

Il convient de rappeler que la circulaire du Vice-Premier ministre de l’Intérieur du 24 avril 2025 proscrit toute interférence politique dans le choix des animateurs des entités coutumières, cette responsabilité revenant exclusivement aux familles régnantes. Une application rigoureuse de ce texte devrait, selon plusieurs acteurs locaux, favoriser un règlement durable du dossier Bogutali.

La réalité coutumière au-delà des diffamations

Diffamer le sénateur Jean-Pierre Batumoko ne changera ni l’histoire ni la sociologie du groupement Bogutali. La réalité coutumière Manvu demeure un fait que ni les attaques médiatiques ni les décisions administratives ne peuvent effacer durablement.

A l’heure où la paix sociale constitue un enjeu majeur dans le territoire de Watsa, plusieurs voix appellent à un retour au dialogue, fondé sur le respect de la tradition, du droit et de la vérité historique, afin d’éviter que ce dossier ne continue d’alimenter des divisions inutiles.

César Dedebha Fils

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