Watsa : un civil tué par un militaire au site “Yesu aza bien”, le notable David Aioku Ideni dénonce une complicité au sein de l’armée

Le meurtre d’un civil dans le carré minier artisanal connu sous le nom de « Yesu aza bien », à Galako (territoire de Watsa), provoque une onde de choc. Le drame s’est produit le vendredi 11 juillet, lorsqu’un élément des FARDC aurait ouvert le feu sur des civils. L’un d’eux a succombé à ses blessures.
Réagissant avec fermeté, le notable David Ideni Aioku a dénoncé, ce samedi 12 juillet dans un entretien exclusif à Victoireinfo.net, une « militarisation illégale » des sites miniers, orchestrée selon lui avec la bénédiction tacite de certaines autorités militaires locales.
« Ce qui s’est passé à Yesu aza bien est inacceptable. Nous assistons à une militarisation injustifiée de nos carrés miniers, avec la complicité de certains chefs militaires qui ferment les yeux, voire soutiennent ceux qui sèment la mort pour le contrôle de l’or », a-t-il déclaré, visiblement indigné.
Un système mafieux où la vie humaine ne compte pas
Pour David Ideni, ce drame n’est pas un incident isolé. Il met en cause un système de collusion entre certains militaires et des opérateurs illégaux, au détriment des populations locales.
« La vie humaine ne peut pas être sacrifiée sur l’autel des intérêts mafieux. Trop, c’est trop ! Nous ne pouvons pas permettre que des jeunes soient tués avec la bénédiction tacite de ceux qui sont censés les protéger », martèle-t-il.
Le notable exige l’ouverture d’une enquête judiciaire et militaire sérieuse, et que toutes les personnes impliquées, directement ou indirectement, soient traduites en justice.
« Ce militaire n’est pas arrivé là tout seul. Il a été envoyé. Celui qui donne un ordre aussi irresponsable que d’armer un soldat pour protéger un individu privé dans un site d’orpaillage doit en assumer les conséquences. On ne tire pas sur sa propre population », a-t-il fustigé.
Il réclame également le départ des autorités civiles et militaires impliquées dans cette affectation, qu’il qualifie d’illégale et de dangereuse.
Face à la colère grandissante de la population locale, David Ideni invite les jeunes à garder leur sang-froid et à ne pas céder aux appels à la violence.
« J’invite la jeunesse à ne pas se laisser instrumentaliser. Le vrai combat, c’est celui de la justice, de la dignité et de la paix. Refusons la haine et la vengeance. L’heure est à la conscience, pas à la violence », a-t-il insisté.
L’exploitation artisanale de l’or dans le territoire de Watsa continue de nourrir de fortes tensions, souvent marquées par des conflits.
À ce jour, les autorités militaires contactées par notre rédaction n’ont pas réagi à ces accusations.
Dossier à suivre.
Rédaction
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