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Haut-Uele|Watsa : nouvelle polémique autour du groupement Bugutali, la famille régnante Mbiliki et la communauté Manvu dénoncent une présumée tentative d’imposition d’un régent par les autorités provinciales

IMG-20261103-WA0274 Haut-Uele|Watsa : nouvelle polémique autour du groupement Bugutali, la famille régnante Mbiliki et la communauté Manvu dénoncent une présumée tentative d’imposition d’un régent par les autorités provinciales


Après une consultation infructueuse initiée en octobre dernier par le ministre provincial des Affaires coutumières du Haut-Uélé, de nouvelles rumeurs autour de l’éventuelle installation de M. Isabhu Senze Médard à la tête du groupement Bugutali suscitent des inquiétudes au sein de la famille Mbiliki et de la communauté Manvu, dans la chefferie de Mari-Minza. Celles-ci soupçonnent certaines autorités provinciales de vouloir influencer l’issue du dossier au détriment de César Mbiliki III.

Le dossier de succession coutumière du groupement Bugutali, dans le territoire de Watsa, province du Haut-Uélé, est loin de connaître son épilogue. Alors qu’une consultation entre les parties concernées, organisée en octobre dernier par le ministre provincial chargé des Affaires coutumières, n’aurait débouché sur aucun compromis, de nouvelles informations alimentent les inquiétudes au sein de la communauté.

Au centre de cette nouvelle controverse figure M. Isabhu Senze Médard, présenté comme un présumé régent du groupement Bugutali. Selon les préoccupations exprimées par la famille Mbiliki, des démarches seraient envisagées pour favoriser son installation à la tête de cette entité coutumière.

Une éventualité que la famille Mbiliki considère comme une remise en cause de ses revendications successorales en faveur de César Mbiliki III. Elle redoute notamment que la régence exercée par Senze Menge, père de M. Isabhu Senze Médard, soit utilisée comme argument pour justifier l’accession de son fils Isabhu à la tête du groupement.

La régence équivaut-elle automatiquement à un droit de succession ?

Cette question se trouve désormais au centre des préoccupations. En principe, la régence constitue une fonction temporaire dont les modalités et les limites dépendent des règles coutumières et du cadre juridique applicables. Son exercice ne suffit donc pas, à lui seul, à établir un droit automatique à la succession.

La famille Mbiliki estime que toute décision relative à la direction du groupement Bugutali doit être fondée sur les règles coutumières reconnues, les pièces justificatives et les procédures administratives en vigueur, dans le strict respect des traditions, plutôt que sur des considérations personnelles ou des intérêts particuliers.

Plusieurs interrogations se posent également au sein de la communauté : comment une personne dont l’origine serait connue de tous et qui serait issue du territoire de Niangara pourrait-elle prétendre diriger une entité coutumière relevant d’une autre communauté ou tribu ? Le simple fait que son père ait exercé une régence jusqu’à ce que César Mbiliki III atteigne l’âge requis pour assumer ses responsabilités coutumières lui conférerait-il automatiquement un droit de succession ?

La famille s’interroge ainsi sur le sens de l’hospitalité et de la confiance accordées à une personne accueillie au sein d’une communauté. Elle évoque, à ce propos, l’image d’un lion élevé chez soi qui finirait par se retourner contre celui qui l’a accueilli.

Face à ces nouvelles rumeurs, la famille Mbiliki met en garde contre toute décision précipitée ou toute tentative d’imposition qui risquerait d’aggraver les tensions au sein de la communauté.

Pour elle, le véritable problème pourrait également être lié aux intérêts de certaines autorités qui se trouveraient derrière la société minière Giro Goldfields. Selon les préoccupations exprimées au sein de la communauté Manvu, certaines autorités provinciales chercheraient à protéger leurs intérêts à travers l’installation d’Isabhu Senze Médard, que certains membres de la communauté considèrent comme plus facilement influençable que César Mbiliki III, qu’ils présentent comme le successeur légitime et une personnalité soucieuse du bien-être de sa communauté.

Il convient de noter que ces accusations, qui restent à vérifier, appellent des éclaircissements de la part des autorités provinciales concernées et de la société minière citée.

La famille Mbiliki attend une clarification officielle sur l’évolution du dossier, particulièrement après la consultation d’octobre qui n’aurait produit aucun accord entre les parties.

Pour l’heure, l’éventualité d’une installation de M. Isabhu Senze Médard reste à vérifier. La réaction de ce dernier, tout comme celle du ministère provincial chargé des Affaires coutumières, demeure attendue afin d’éclairer l’opinion publique.

À Bugutali, la population attend une issue transparente, respectueuse des traditions et conforme aux dispositions légales. La succession coutumière ne devrait pas devenir un instrument de règlement de comptes ni un terrain de confrontation entre intérêts particuliers.

La paix à Bugutali passe par la transparence, le respect des règles coutumières et l’application de la loi, conformément à la vision prônée par le président de la République démocratique du Congo.

César Dedebha Fils
Victoireinfo.net

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