Watsa : processus de délocalisation de Giro Goldfields, Mabangali Tauli Jean de MUMAD exige une meilleure implication des communautés autochtones

La Mutualité Mariminza d’Abord (MUMAD ASBL), qui défend les intérêts et les droits des populations autochtones de la chefferie Mariminza, exprime plusieurs préoccupations concernant le processus de délocalisation et de réinstallation des populations affectées par le projet minier de Giro Goldfields.
Ces préoccupations ont été soulevées à l’issue de l’atelier de trois jours organisé du 10 au 12 septembre 2026 à Giro, dans le territoire de Watsa, en province du Haut-Uele. Ces assises ont réuni plusieurs parties prenantes impliquées dans le processus de délocalisation et de réinstallation des communautés affectées par le projet minier.
À l’issue des travaux, Mabangali Tauli Jean, coordonnateur de MUMAD basé à Moku, a notamment insisté sur la nécessité d’une meilleure implication des communautés autochtones et des autorités coutumières concernées par le projet.
Selon lui, plusieurs autorités coutumières dont les entités seraient concernées par le projet minier n’ont pas été suffisamment associées aux discussions, notamment certains responsables coutumiers de la chefferie Mariminza.
« Comment expliquer que nos autorités coutumières ne soient pas considérées dans une affaire qui concerne directement leurs populations ? La société Giro Goldfields a elle-même précisé que son périmètre s’étend sur trois chefferies. Pourquoi les chefs des entités concernées n’ont-ils pas été invités à suivre cet atelier ? », s’interroge-t-il.
L’autre préoccupation soulevée par MUMAD concerne le statut administratif de Giro. Mabangali Tauli Jean affirme que Giro est une ancienne entité qui existait avant l’arrivée de Kilo-Moto, aujourd’hui appelée SOKIMO.
Il déplore ce qu’il considère comme une absence de reconnaissance de Giro dans le cadre des discussions liées au processus de délocalisation.
« Giro est une entité qui a existé avant l’arrivée de Kilo-Moto, actuellement appelée SOKIMO. Pourquoi vouloir effacer notre village de la carte administrative de notre chefferie ? », s’interroge encore le coordonnateur de MUMAD.
L’association appelle ainsi les différentes parties prenantes, notamment Giro Goldfields, à prendre en compte ses préoccupations et à reconnaître, selon elle, Giro comme une entité relevant du groupement Bugutali, dans la chefferie Mariminza.
MUMAD demande également que toutes les personnes affectées par le projet minier soient effectivement prises en compte dans le processus de réinstallation et que des logements soient prévus pour les personnes concernées sur le nouveau site.
Le coordonnateur de l’association interpelle par ailleurs toute personne qui chercherait, selon lui, à instrumentaliser la société minière dans une démarche visant à remettre en cause l’existence de Giro comme entité de la chefferie Mariminza.
MUMAD annonce enfin qu’elle envisage de mener des actions citoyennes afin d’obtenir, selon ses termes, la reconnaissance et la prise en compte des droits qu’elle considère comme légitimes de la population de Giro.
Contactée à ce sujet, la Commission de délocalisation et de réinstallation de Giro appelle MUMAD au calme. Elle précise que, pour l’heure, l’attention de la société est principalement focalisée sur la carrière de Giro, où le projet minier se développe actuellement.
Cette réaction ne répond toutefois pas, dans le détail, aux différentes préoccupations soulevées par MUMAD concernant la participation des autorités coutumières et le statut administratif de Giro.
Le débat autour de ces questions demeure ainsi ouvert, alors que les différentes parties prenantes poursuivent le processus de délocalisation et de réinstallation des communautés affectées par le projet minier de Giro Goldfields.
Rédaction
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