Watsa : la Ligue Mbila s’insurge contre la mise à l’écart présumée des autochtones du processus de délocalisation de Giro Goldfields et dénonce des manœuvres

La Ligue Mbila, une structure regroupant les autochtones du territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele, monte au créneau pour dénoncer ce qu’elle considère comme une mise à l’écart présumée des autochtones et de certains représentants locaux dans le processus de délocalisation et de réinstallation des populations affectées par le projet minier de Giro Goldfields, dans le territoire de Watsa.
Dans un entretien, cette structure communautaire se dit profondément préoccupée par la manière dont certaines démarches liées à ce processus seraient conduites. Elle estime que les populations autochtones ainsi que les représentants locaux directement concernés devraient être pleinement associés aux discussions et aux décisions portant sur leur avenir.
La Ligue Mbila fait notamment référence aux assises consacrées au processus de délocalisation et de réinstallation des populations affectées par le projet de Giro Goldfields, organisées à Giro. Elle déplore, selon elle, l’absence de certains responsables coutumiers et acteurs communautaires considérés comme importants pour la représentation des communautés locales.
Parmi les personnalités citées figurent notamment le chef de la chefferie Mari-Minza ainsi que le chef du groupement Bugutali. La Ligue Mbila affirme également que plusieurs structures communautaires importantes n’auraient pas été suffisamment impliquées dans ces assises.
Elle cite notamment Mari-Minza d’Abord (MUMAD), la Ligue Mbila et d’autres représentants de la communauté de Watsa.Pour la Ligue Mbila, cette situation soulève des interrogations sur la transparence et l’inclusivité du processus en cours.
La structure communautaire dénonce ce qu’elle qualifie de « manœuvres », estimant que les décisions concernant la délocalisation ne devraient pas être prises sans une participation effective des communautés directement affectées.
« Les communautés autochtones et leurs représentants doivent être pleinement associés à tout processus qui engage leur avenir. La délocalisation de Giro Goldfields doit se faire dans la transparence, dans le respect des lois et surtout dans l’intérêt réel des populations affectées », a déclaré David Ideni Aiku, porte-parole de la Ligue Mbila.
La Ligue Mbila appelle ainsi à davantage de transparence, de dialogue et de concertation entre les autorités, les responsables coutumiers, les représentants des communautés, les structures de la société civile et les autres parties prenantes.
Au-delà du processus de délocalisation, la Ligue Mbila dit également s’inquiéter de la situation générale du territoire de Watsa.
Elle évoque notamment les défis liés à l’insécurité, aux infrastructures et au développement local. Selon cette structure, la population fait face à plusieurs difficultés qui nécessitent une attention accrue des autorités provinciales.
La Ligue Mbila estime qu’un écart important serait perceptible entre certaines promesses faites aux populations et les réalisations concrètes sur le terrain.
Elle déplore notamment que, pendant que le processus de délocalisation de Giro Goldfields avance rapidement, d’autres préoccupations majeures de la population resteraient, selon elle, insuffisamment prises en compte.
Par ailleurs, la Ligue Mbila interpelle directement le gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu, ainsi que son gouvernement provincial.Elle leur demande de considérer davantage les représentants du territoire de Watsa dans les grandes décisions qui concernent directement la population locale.
Concernant le projet de Giro Goldfields, la structure insiste sur la nécessité de respecter les lois et les procédures applicables en matière de délocalisation et de réinstallation des populations affectées par les projets miniers.Elle souhaite également que les communautés concernées soient effectivement consultées et que les retombées du projet bénéficient réellement aux populations affectées.
Elle appelle les différentes parties prenantes à privilégier le dialogue et à garantir une implication effective des populations et de leurs représentants, afin que le processus puisse se dérouler dans un climat de confiance et dans le respect des droits des communautés concernées.
Signalons que la Ligue Mbila réaffirme ainsi son souhait de voir le territoire de Watsa et ses communautés davantage associés aux décisions qui engagent leur avenir.
Victoireinfo.net
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