Watsa : la FEAUTWA accuse la coopérative Troïka après la submersion de 17 motopompes et d’une dizaine de puits d’exploitation artisanale d’or à la carrière de Luka à Gima et dénonce des actes d’intimidation imputés à des présumés éléments des FARDC sur le site

La situation a connu une grave escalade ce lundi 20 juillet 2026 à la carrière minière de Luka, située dans le village de Gima, dans le secteur Mangbetu, territoire de Watsa, province du Haut-Uele. De nouveaux incidents ont été signalés sur le site, où les tensions demeurent vives entre les exploitants artisanaux et la coopérative minière Troïka.
Selon plusieurs sources concordantes, la coopérative Troïka aurait barricadé le cours de la rivière Arebi au niveau de la carrière Kipe Yayo, alimentant la carrière voisine de Luka. Cette situation aurait provoqué l’inondation de plusieurs puits exploités par les orpailleurs. Les mêmes sources indiquent qu’au moins 17 motos-pompes utilisées pour les travaux d’exhaure ont été submergées, causant d’importantes pertes matérielles aux exploitants artisanaux.
Toujours d’après ces sources, des orpailleurs se sont rendus sur le site de la coopérative Troïka pour réclamer des explications à la suite de ces dégâts. C’est dans ce contexte que des militaires, présentés par plusieurs témoins comme des éléments des FARDC, seraient intervenus sur le site et auraient pointé leurs armes en direction des exploitants artisanaux afin de les disperser et de les intimider.
Réagissant à ces événements, Mibigimi Michel, président de l’Assemblée de la Fédération des Exploitants Artisanaux Unis du Territoire de Watsa (FEAUTWA), a condamné ces faits et appelé les autorités compétentes à agir.
«« Nous condamnons avec fermeté ces actes qui ont causé d’importants préjudices aux exploitants artisanaux. Nous demandons aux autorités d’ouvrir une enquête afin que les responsabilités soient établies et que justice soit rendue », a déclaré Mibigimi Michel.»
De son côté, ASM Emanuel, représentant des exploitants artisanaux de la carrière de Luka, affirme que les orpailleurs ne recherchent pas la confrontation.
«« Nos puits ont été inondés et 17 motos-pompes ont été submergées. Nous demandons simplement à travailler dans un climat de paix et à voir nos droits respectés », a-t-il déclaré.»
La FEAUTWA rappelle également que, selon plusieurs acteurs du secteur minier, une récente correspondance des autorités nationales interdit la présence de militaires sur les sites d’exploitation minière artisanale, sauf dans les cas prévus par la loi. Elle appelle les autorités compétentes à faire respecter cette mesure et à rétablir un climat de confiance dans la zone.
Les exploitants artisanaux sollicitent l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les circonstances de ces incidents, d’évaluer les dégâts enregistrés et d’établir les responsabilités.
À noter qu’au moment de la publication de cet article, la coopérative Troïka ainsi que les FARDC n’avaient pas encore réagi officiellement à ces accusations. Leur version des faits n’a pas pu être obtenue. Les informations rapportées ci-dessus reposent sur des témoignages recueillis auprès de plusieurs sources locales et reflètent les accusations formulées par la FEAUTWA. Elles devront être examinées et vérifiées par les autorités compétentes dans le respect du principe du contradictoire.
César Dedebha Fils
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